Vape et santé pulmonaire : les risques réels des cigarettes électroniques

Vape et santé pulmonaire : les risques réels des cigarettes électroniques janv., 26 2026

Beaucoup pensent que vapoter est une alternative sûre à la cigarette. Ce n’est pas vrai. Même si les cigarettes électroniques ne contiennent pas de goudron ni la plupart des carcinogènes du tabac, elles ne sont pas inoffensives pour les poumons. Depuis 2018, des dizaines d’études indépendantes ont confirmé que vapoter cause des dommages respiratoires réels - et certains sont irréversibles.

Les substances dans la vapeur ne sont pas de l’eau

Les e-liquides contiennent principalement du propylène glycol et de la glycérine végétale. Ces ingrédients semblent inoffensifs, mais lorsqu’ils sont chauffés et inhalés, ils deviennent toxiques pour les cellules pulmonaires. Une étude de l’Université de Caroline du Nord a montré que plus un e-liquide contient d’additifs, plus il est dangereux. La vapeur contient aussi des composés volatils comme le benzène - un produit présent dans les échappements de voiture -, ainsi que des métaux lourds comme le nickel, l’étain et le plomb, libérés par les résistances des appareils.

Les arômes, souvent perçus comme inoffensifs, sont une autre source de risque. Le diacétyle, un additif utilisé pour créer des saveurs de beurre ou de caramel, a été lié à une maladie pulmonaire grave appelée « bronchiolite oblitérante » ou « popcorn lung ». Même si cette substance est interdite dans plusieurs pays, d’autres arômes chimiques remplacent le diacétyle sans que leur sécurité soit prouvée. Les poumons ne réagissent pas aux saveurs de fraise ou de menthe - ils réagissent aux molécules toxiques qu’elles contiennent.

Les poumons s’irritent, même sans tabac

Vous n’avez jamais fumé ? Vous pensez que vapoter ne vous fera pas de mal ? Détrompez-vous. Une revue systématique publiée dans Tobacco Induced Diseases a analysé plus de 50 études et conclu que les vapoteurs non-fumeurs ont un risque significativement plus élevé de toux chronique, d’asthme, d’inflammation des voies respiratoires et de détérioration de la fonction pulmonaire. Les symptômes ne viennent pas toujours d’un coup. Ils s’installent lentement : une respiration plus courte pendant une marche, une toux matinale persistante, des infections pulmonaires qui reviennent plus souvent.

Les poumons ne sont pas faits pour inhaler des aérosols chimiques. La muqueuse pulmonaire s’irrite, se dessèche, et perd sa capacité naturelle à se défendre contre les bactéries et les virus. C’est pourquoi les vapoteurs ont plus de pneumonies et de bronchites que les non-vapoteurs. Une étude de la Société américaine de thoracologie a montré que la vapeur affaiblit les macrophages - les cellules immunitaires qui nettoient les poumons. Résultat : votre corps ne peut plus bien combattre les infections.

L’EVALI : un avertissement qui n’a pas été entendu

En 2019, les États-Unis ont connu une épidémie inédite : plus de 2800 personnes ont été hospitalisées pour une lésion pulmonaire liée au vapotage, et 68 sont décédées. Ce syndrome s’appelle EVALI - E-cigarette or Vaping Use-Associated Lung Injury. La cause principale ? Le THC adulteré avec de l’acétate de vitamine E, un additif utilisé pour épaissir les huiles. Ce produit, non régulé, a été trouvé dans 80 % des cas. Il a provoqué des lésions pulmonaires graves, similaires à celles causées par l’inhalation de détergents ou de produits chimiques industriels.

Le problème n’était pas seulement le THC. C’était le manque de contrôle sur les ingrédients. Des produits vendus en ligne ou sur les marchés noirs contenaient des substances inconnues, parfois toxiques. Même aujourd’hui, en 2025, les régulations restent inégales. En France, les e-liquides sont contrôlés, mais les appareils et les liquides importés ne le sont pas toujours. L’EVALI n’est pas un événement du passé - c’est un avertissement : quand on vapote, on ne sait pas toujours ce qu’on inhale.

Jeune adulte inspirant une vapeur colorée qui se transforme en mains squelettiques dans un parc au crépuscule.

Le risque de BPCO est réel, même pour les jeunes

On pense que la BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive) n’atteint que les vieux fumeurs. Ce n’est plus vrai. Une méta-analyse publiée par les NIH a comparé les données de plus de 100 000 personnes. Résultat : les vapoteurs actuels ont 48 % plus de risques de développer une BPCO que les non-vapoteurs. Ce risque existe même chez les jeunes adultes qui n’ont jamais fumé de cigarette. Le mécanisme est simple : l’inflammation chronique endommage les alvéoles et les bronches. Avec le temps, les poumons perdent leur élasticité. La respiration devient difficile, même au repos.

Les fumeurs traditionnels ont un risque plus élevé - oui. Mais dire que vapoter est « moins dangereux » ne veut pas dire « sans danger ». C’est comme dire qu’un vélo sans freins est moins dangereux qu’une voiture. C’est vrai, mais ça ne le rend pas sûr.

Les symptômes à ne pas ignorer

Si vous vapotez et que vous avez :

  • Une toux qui dure plus de 3 semaines
  • Une respiration sifflante ou une oppression thoracique
  • Une fatigue inhabituelle lors d’activités légères
  • Des infections respiratoires qui reviennent

... il est temps de consulter un pneumologue. Ces symptômes ne sont pas « normaux ». Ils sont des signaux d’alerte. Même si vous ne ressentez rien, une évaluation pulmonaire de routine peut détecter des changements précoces : diminution du débit expiratoire, inflammation des voies aériennes, ou modifications cellulaires. La plupart des dommages sont invisibles jusqu’à ce qu’ils soient avancés.

Poumon transparent rempli d'huile de vitamine E et de métaux, avec une usine en arrière-plan dans un style artistique somptueux.

Arrêter : c’est possible - et c’est la meilleure décision

Beaucoup pensent que vapoter aide à arrêter de fumer. C’est parfois vrai - mais pas toujours. Et même dans ce cas, on échange un risque contre un autre. Le Dr NeSmith, pneumologue à Lyon, le dit clairement : « Quelle que soit la forme, inhaler de la nicotine met les poumons sous pression. » Les études montrent que les personnes qui passent du tabac au vapotage conservent souvent une inflammation pulmonaire persistante. Et beaucoup finissent par vapoter plus qu’elles ne fumaient avant.

Arrêter le vapotage permet de réduire l’inflammation. Dans les premiers mois, la toux peut augmenter - c’est normal, les poumons se nettoient. Après 6 à 12 mois, la fonction pulmonaire s’améliore souvent. Mais les dommages causés par des années de vapotage intense peuvent être permanents. Il n’y a pas de garantie de récupération totale.

La meilleure option ? Ne pas commencer. Si vous fumez, arrêtez complètement. Si vous vapotez, arrêtez aussi. Il n’existe pas de méthode sans risque pour inhaler de la nicotine. Les patchs, les gommes, les comprimés - ce sont les seuls outils validés par la science pour se sevrer sans endommager les poumons.

Le piège de la « réduction des risques »

L’industrie du vapotage vend une idée : « Moins de risques, pas zéro. » C’est un mensonge raffiné. Ce n’est pas une réduction des risques - c’est un transfert de risques. Vous ne risquez plus le cancer du poumon comme les fumeurs, mais vous risquez une maladie pulmonaire chronique, plus lente, plus sournoise, et plus difficile à traiter. Et les jeunes, en particulier, sont les cibles. En 2025, 1 jeune sur 5 en France a déjà vapoté. Beaucoup ne savent pas qu’ils mettent leur santé en danger.

Les régulations ont progressé : interdiction des arômes sucrés pour les mineurs, étiquetage obligatoire, contrôle des composants. Mais les appareils personnalisables, les e-liquides importés, et les produits vendus en ligne restent des zones grises. La vigilance doit être constante.

La science ne ment pas. Vapoter n’est pas une solution. C’est un problème en cours. Et les poumons, eux, n’oublient pas.

Le vapotage cause-t-il vraiment des maladies pulmonaires ?

Oui. Des études indépendantes, dont celles de l’Académie nationale des sciences américaine et de la Société américaine de thoracologie, ont établi un lien direct entre le vapotage et l’inflammation pulmonaire, la détérioration de la fonction respiratoire, et une augmentation du risque de BPCO et d’asthme. Même les vapoteurs non-fumeurs présentent des signes de dommages pulmonaires.

L’EVALI est-il encore un risque aujourd’hui ?

Oui, même si l’épidémie de 2019 a diminué, les cas isolés persistent. La plupart sont liés à des e-liquides contenant du THC ou des substances non réglementées, souvent achetées en ligne ou sur le marché noir. Même en France, où la régulation est plus stricte, les produits contrefaits ou importés peuvent contenir de l’acétate de vitamine E ou d’autres toxines.

Vapoter est-il moins dangereux que fumer ?

Oui, mais seulement en comparaison avec le tabac brûlé. Vapoter n’élimine pas les risques - il les change. Vous évitez le goudron et les centaines de carcinogènes du tabac, mais vous inhalez des produits chimiques toxiques, des métaux lourds et des arômes irritants. Le risque de maladie pulmonaire chronique reste significatif, surtout sur le long terme.

Est-ce que les poumons peuvent se rétablir après avoir arrêté de vapoter ?

Dans de nombreux cas, oui - mais cela dépend de la durée et de l’intensité du vapotage. Après 3 à 6 mois sans vapotage, l’inflammation diminue et la fonction pulmonaire s’améliore. Cependant, les dommages cellulaires profonds ou les cicatrices pulmonaires peuvent être permanents. Plus vous arrêtez tôt, plus la récupération est probable.

Les arômes dans les e-liquides sont-ils sûrs ?

Non. Même les arômes approuvés pour la consommation orale ne sont pas sûrs pour l’inhalation. Le diacétyle, interdit dans l’Union européenne, a été remplacé par d’autres composés chimiques dont les effets pulmonaires ne sont pas bien étudiés. La sécurité alimentaire ne signifie pas sécurité respiratoire.

Que faire si je vapote et que j’ai des symptômes respiratoires ?

Arrêtez immédiatement de vapoter. Consultez un pneumologue ou un médecin généraliste. Expliquez votre consommation de vapeur, même si vous pensez que c’est « léger ». Des tests comme la spirométrie ou une radiographie thoracique peuvent détecter des changements précoces. Ne attendez pas que les symptômes s’aggravent.